La profondeur de champ en photo animalière

La profondeur de champ :

C'est ce dont nous allons parler aujourd’hui, et pour l'occasion j'ai ajouté une catégorie " Technique " dans le menu de la navigation en-dessous du slider d'images.

Vous pourrez bien-sûr réagir aux différents articles qui seront publiés dans cette rubrique. Elle traitera de tout ce qui tourne autour de la technique photographique, en y apportant si vous le souhaitez vos avis, des compléments ou poser vos questions si toutefois je ne suis pas clair sur certains points.

Pourquoi un article sur la profondeur de champ " pdc "?

Et bien c'est très simple, s'il y a une chose que j'ai apprise en photographie animalière: c'est que la chance, le hasard avec la rencontre du sujet idéal (appelé ça comme vous le voulez) passe par une maitrise de plusieurs paramètres pour réussir ses photos :

  1. La stabilité, primordiale avec des longues focales.
  2. L'ouverture "pdc", déterminant suivant la zone de netteté souhaitée.
  3. La vitesse d'obturation, suivant si on veut figer ou suggérer le mouvement.
  4. Et une bonne connaissance du sujet, environnement ...

Et oui s'il suffisait d'être seulement stable, ça serait trop simple, et beaucoup d'autres facteurs rentrent en compte comme la profondeur de champ qui nous intéresse ici !

Bien-sûr je mentionne quelques critères ci-dessus, il y en bien d'autres mais restons concentré sur la " pdc "

Qu'est-ce que la profondeur de champ ?

La pdc c'est la distance séparant le premier et le dernier plan net de votre image.

Plus cette distance est grande et plus la profondeur de champ est élevée. C’est ce que l’on recherche en général dans les photos de paysage où il est intéressant d’avoir une zone de netteté la plus grande possible.
A l’inverse, pour du portrait, on voudra réduire cette zone de netteté de manière à isoler, détacher le sujet avec un arrière plan flou mettant le personnage en valeur.

Deux paramètres sont nécessaires pour maitriser la profondeur de champ : l’ouverture et la focale.
Pour une même focale, plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est réduite.

 

Un petit exemple en image avec ce joli moineau domestique (Passer domesticus) :

moineau_pdc

1/800s - f/7.1 - 200 iso - 400 mm - distance du sujet : environ 3 m

On voit clairement les effets de la pdc sur l'image : la zone de netteté est de quelques centimètres et ce malgré une ouverture de f/7.1.

Avec une focale courte comme un grand angle, pour un paysage et la même ouverture que ci-dessus à f7.1, la zone de netteté serait beaucoup plus grande voire nette partout en fermant un poil de plus comme f/8 à f/16 par exemple.

Donc nous pouvons d'ores-et-déjà en déduire que 3 paramètres rentrent en jeu :

  • la focale. Plus elle est longue, plus il y a de flou autour de l'endroit où vous faites la mise au point.
  • la distance avec le sujet. Plus vous êtes proche du sujet (et loin du fond), plus ce qui est derrière et devant le sujet sera flou.
  • l'ouverture du diaphragme. Avec une grande ouverture, par exemple F2.8, la zone nette sera très petite, par-contre avec une petite ouverture comme par exemple F16, la zone nette sera très grande.

Avec un téléobjectif comme un 400mm on s’aperçoit dans notre exemple avec notre moineau qu'avec une ouverture de f/7.1 la zone de netteté est vraiment faible. Alors que c'est une ouverture relativement petite.

 

Un autre exemple avec une photo d'un fuligule morillon (Aythya fuligula) :

fuligule_morillon_pdc

  1/400s - f/7.1 - 200 iso - 400 mm - distance du sujet : environ 6 à 7 m

Sur cet exemple on voit que la pdc est beaucoup plus grande, alors que l'ouverture est identique à la photo du moineau : f7.1

Seule la vitesse a changé dans les paramètres de prise de vue, dû à la lumière ambiante.

En effet le temps était nuageux, donc suivant que le soleil perçait ou se cachait, on se retrouvait avec plus ou moins de lumière.

Par conséquent la vitesse d’obturation varie puisque : j'ai oublié de préciser, nous sommes en priorité à l'ouverture au niveau des modes du boitier.

Que s'est-il passé ?

On a la même ouverture, la même distance focale de 400mm !

Et bien un de nos 3 paramètres est rentré en jeu :

La distance avec le sujet est passé de 3m à un peu plus du double, et on voit clairement que la zone de netteté est plus étendue cette fois-ci : de quelques centimètres, on est passé à un peu plus d'un mètre avec les mêmes réglages.

 

Pour finir un dernier exemple avec cette photo de Cigogne blanche (Ciconia ciconia)

cigogne

1/1000s - f/7.1 - 200 iso - 400 mm - distance du sujet : environ 3 m

J'ai choisi volontairement cette photo pour ce dernier exemple, car on a quasi les mêmes réglages que la photo du moineau, si ce n'est la vitesse d'obturation qui est plus élevée.

Pourquoi cette photo ?

On a vu que :

La focale, la distance avec le sujet, l'ouverture du diaphragme avait une incidence avec la profondeur de champ.

Cette dernière photo nous montre que la taille du sujet a aussi un incidence.
Pour ce portait de cigogne on s’aperçoit qu'il est complétement détaché du fond et que la zone de netteté se situe en arrière plan par rapport au moineau où on distingue bien le premier plan et le dernier plan flou.

Le paradoxe :

En photographie animalière on recherche avant tout la stabilité, mais aussi suivant que la distance avec le sujet sera plus ou moins éloignée, on cherchera une grande ou petite pdc.

Or l'exercice devient quasi impossible en billebaude à main levée lorsque la lumière vient à manquer, où là deux choix s'offrent à nous :

  1. Une ouverture max pour gagner en vitesse, et le plus souvent se retrouver avec le sujet hors du champ de netteté.
  2. Une montée en iso au risque de perdre en qualité d'images.

Même si aujourd'hui les boitiers gèrent plutôt bien le bruit des iso.

Avec un trépied et une rotule comme la manfrotto 393 le soucis ne se pose plus.


La billebaude
:randonnée ou promenade en milieu naturel, où l'on photographie au gré de ses rencontres.

Conclusion :

Vous l'aurez compris la profondeur de champ joue un rôle primordiale en photographie animalière et les choix sur l'ouverture, la focale, la distance avec le sujet sont vraiment déterminants sur le rendu final de nos images.

Voilà pour ce premier article un peu plus technique, j'espère que ça vous plaira ...

PS: tout ce qui est décrit dans l'article est issu de mon expérience personnelle et ne représente en aucun cas une méthode ou une façon de faire. Seule les parties plus techniques sur la pdc sont tirées de diverses sources : livres techniques sur la photo ...

 



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4 Commentaires
  1. Très bel article de cette Technique PDC et des précieux conseils de plus très bien expliquer ;-) bonne idée de l’avoir conçu pour nous tous (tes lecteurs) :smile: . Aussi tes exemples sont explicite et surtous magnifiques …, Bravo Joe :grin:

    • Merci Christophe,
      content que l’article te plaise et c’est cool si tu trouve ton bonheur parmi les différents points que j’ai abordés dans ce modeste petit tour d’horizon autour de la PDC consacré à la photo animalière … ;-)

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